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Le retour de la résilience industrielle en matière de Défense

  • 13 mai
  • 4 min de lecture

Crédit photo : Cédric Joubert


Pendant plusieurs décennies, les économies occidentales ont principalement recherché la performance industrielle à travers l’optimisation des coûts, la mondialisation des chaînes d’approvisionnement et la réduction des stocks.


Cette logique a profondément transformé les environnements industriels, y compris dans le secteur Défense.


Mais les crises récentes ont brutalement remis en lumière une réalité longtemps sous-estimée : dans les environnements stratégiques, la performance ne repose pas uniquement sur l’efficacité économique. Elle dépend également de la capacité à résister aux ruptures, à maintenir les productions et à soutenir l’effort dans la durée.


La guerre en Ukraine, les tensions géopolitiques, les fragilités logistiques ou encore les dépendances technologiques ont replacé la résilience industrielle au centre des réflexions stratégiques.


Comme le rappelait le général Thierry Burkhard, ex-Chef d’état-major des armées :

« Le retour de la haute intensité impose de repenser nos capacités industrielles. » (source : Audition Assemblée nationale, 2024)


Cette transformation dépasse désormais largement les seuls environnements militaires.



La fin du modèle du “flux tendu” stratégique


Pendant longtemps, les chaînes industrielles occidentales ont été construites autour d’une logique de rationalisation maximale :

  • Réduction des stocks ;

  • Externalisation ;

  • Optimisation des flux ;

  • Et spécialisation géographique des productions.


Cette approche a permis des gains économiques considérables. Mais elle a également créé des dépendances majeures sur :

  • Les composants critiques ;

  • Les matières premières ;

  • Les capacités de production ;

  • Et les chaînes logistiques internationales.


Les conflits récents ont rappelé qu’en matière Défense, une rupture d’approvisionnement peut rapidement devenir une vulnérabilité stratégique. Comme le rappelait Patrice Caine, PDG de Thales :

« La souveraineté technologique est le premier rempart de la souveraineté nationale. Si vous dépendez de composants que vous ne maîtrisez pas, votre défense est entre les mains d'autrui. » (source : Tribune dans Les Échos)


Cette prise de conscience accélère aujourd’hui les politiques de relocalisation, de sécurisation des approvisionnements et de reconstitution des stocks stratégiques.



Le retour du stockage stratégique


La question du stockage redevient progressivement un sujet central.


Pendant plusieurs années, les stocks étaient souvent perçus comme un coût ou une inefficacité industrielle. Les environnements Défense rappellent aujourd’hui qu’ils constituent également une assurance stratégique.


La France a ainsi fortement augmenté ses capacités de stockage de métaux critiques entre 2023 et 2026 (source : Ministère de l’Industrie, Plan de résilience des métaux stratégiques, mai 2026).


Dans le même temps, les investissements consacrés aux munitions atteignent désormais des niveaux historiquement élevés, avec 2,4 milliards d’euros consacrés aux stocks et aux livraisons de munitions en 2026 (source : Projet de Loi de Finances 2026).


Cette évolution ne concerne pas uniquement les armées. Les industriels redécouvrent également la nécessité :

  • De sécuriser leurs composants critiques ;

  • De diversifier leurs fournisseurs ;

  • D’anticiper les ruptures logistiques ;

  • Et de protéger leurs capacités de production.


La résilience industrielle redevient un avantage stratégique majeur.



Produire plus vite ne s’improvise pas


La guerre en Ukraine a également mis en lumière une autre réalité : la montée en cadence industrielle ne peut pas être improvisée.


Comme le rappelait Éric Béranger, CEO de MBDA :

« La montée en cadence industrielle ne se décrète pas, elle se construit. » (source : Interview Les Échos)


Produire davantage nécessite :

  • Des infrastructures ;

  • Des compétences ;

  • Des chaînes fournisseurs ;

  • Des capacités logistiques ;

  • Et des savoir-faire industriels durables.


La France a par exemple triplé certaines cadences de production sur des équipements critiques comme le CAESAR, passant de deux à six systèmes produits par mois (source : Audition DGA / Commission de la Défense nationale, 2025).


Mais cette accélération révèle également les fragilités de certaines filières industrielles :

  • Tensions sur les recrutements ;

  • Dépendances fournisseurs ;

  • Difficultés de sourcing ;

  • Ou encore manque de compétences techniques.


Le secteur Défense prévoit désormais 100 000 recrutements afin de répondre aux besoins de la Loi de Programmation Militaire (source : Ministère de l’Industrie / GIFAS, mai 2026).


Comme le rappelait Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation :

« On ne fabrique pas un avion de chasse comme on fabrique une voiture. » (source : Conférence de presse Dassault Aviation, mars 2024)


La résilience industrielle repose donc autant sur les usines que sur les compétences humaines.



Le retour de la logistique comme sujet stratégique


Pendant plusieurs années, la logistique a souvent été perçue comme une fonction de support. Les conflits récents rappellent qu’elle constitue en réalité un facteur central de puissance.


Comme le rappelait le général Pierre Schill, Chef d’état-major de l’Armée de Terre :

« Le combat de haute intensité est aussi un combat logistique et industriel. » (source : Audition Assemblée nationale)


Cette réalité redonne une importance majeure :

  • Aux capacités de stockage ;

  • Aux infrastructures logistiques ;

  • Aux chaînes d’approvisionnement ;

  • Et au maintien en condition opérationnelle.


Le MCO représente désormais environ 40 % du coût total d’un système de défense sur l’ensemble de son cycle de vie (source : IRSEM, janvier 2025).


Dans le même temps, la digitalisation des chaînes logistiques devient un levier majeur d’efficacité opérationnelle. Grâce à ces évolutions, le taux de disponibilité des Rafale a dépassé 60 % en 2025 (source : DMAé, Rapport d’activité 2025).


La résilience industrielle ne se limite donc plus à la production. Elle englobe désormais :

  • Le stockage ;

  • La maintenance ;

  • Le soutien ;

  • La supply chain ;

  • Et la capacité à durer dans le temps.



Une nouvelle logique de souveraineté


Le retour de la résilience industrielle transforme progressivement la manière dont les États, les industriels et les investisseurs abordent les enjeux Défense. La souveraineté ne se limite plus à posséder des technologies avancées.


Elle suppose également :

  • De pouvoir produire ;

  • De pouvoir maintenir ;

  • De pouvoir réparer ;

  • Et de pouvoir soutenir l’effort dans la durée.


Comme le rappelait Pierre Vandier, ex-Chef d’état-major de la Marine nationale :

« La résilience de nos forces dépend directement de la résilience de notre base industrielle. » (source : Audition Sénat)


Les acteurs capables de comprendre simultanément les enjeux technologiques, industriels, logistiques et opérationnels disposeront d’un avantage stratégique majeur dans les prochaines années.


C’est précisément dans cette logique que Task Force Defence accompagne industriels, investisseurs, startups DefenseTech et cabinets de conseil confrontés aux enjeux de résilience industrielle, de supply chain stratégique, de soutien opérationnel et d’accélération capacitaire dans les environnements Défense.


 
 
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