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Ce que les investisseurs découvrent en entrant dans la DefenseTech

  • 13 mai
  • 4 min de lecture

Crédit photo : Eric Piermont / AFP


Pendant longtemps, les environnements Défense sont restés relativement à l’écart des logiques traditionnelles du capital-investissement. Contraintes ESG, faible compréhension des marchés militaires, cycles longs et sensibilité politique du secteur ont longtemps limité l’intérêt d’une partie des investisseurs.


Cette situation évolue désormais rapidement.


La remontée des budgets militaires, le retour des enjeux souverains, l’accélération technologique et l’émergence de la DefenseTech attirent progressivement des fonds spécialisés, des family offices, des investisseurs stratégiques et de nouveaux acteurs du capital.


Le secteur Défense apparaît aujourd’hui comme un environnement combinant innovation technologique, profondeur industrielle et soutien étatique durable. Mais de nombreux investisseurs découvrent également que la DefenseTech ne fonctionne pas comme un environnement technologique classique.



Le retour du capital vers les enjeux souverains


L’évolution est spectaculaire. Le financement des entreprises de défense par les grandes banques françaises a progressé de 26 % en un an, atteignant 46,6 milliards d’euros fin 2025 (source : Ministère des Armées / Fédération Bancaire Française, avril 2026).


Dans le même temps, les fonds français cotés dédiés à la défense sont passés de 16 à 24 milliards d’euros entre 2025 et 2026, tandis que les fonds spécialisés dans les PME et ETI Défense ont été multipliés par cinq en moins d’un an (source : Rapport gouvernemental sur le financement de la BITD, avril 2026 ; Theatrum Belli / Rapport Financement BITD 2026).


Cette dynamique traduit un changement profond de perception. La Défense n’est plus uniquement perçue comme un sujet régalien ou institutionnel. Elle devient également :

  • Un enjeu industriel ;

  • Un sujet de souveraineté économique ;

  • Et un marché stratégique de long terme.


Comme le rappelait Sébastien Lecornu, ex-ministre des Armées :

« Capitalisme et patriotisme sont complémentaires et doivent se rencontrer. » (source : Newsletter MEDEF « Souveraineté & Sécurité »)


Cette évolution explique notamment l’arrivée progressive d’investisseurs issus du monde technologique ou du private equity traditionnel dans les environnements DefenseTech.



La DefenseTech ne fonctionne pas comme une startup classique


Mais l’entrée dans les marchés Défense s’accompagne souvent d’une première découverte : la logique d’adoption n’a rien de comparable avec celle du numérique civil.


Dans l’univers SaaS ou software traditionnel, la rapidité d’exécution, la croissance commerciale ou l’expérience utilisateur peuvent suffire à accélérer fortement l’adoption.

Dans la Défense, les temporalités sont différentes.


Les environnements militaires imposent des contraintes réglementaires fortes, des processus d’acquisition complexes et des exigences de sécurité extrêmement élevées.

Une technologie prometteuse ne devient pas automatiquement une capacité militaire crédible.


Elle doit également :

  • Être soutenable dans la durée ;

  • S’intégrer aux chaînes existantes ;

  • Être utilisable sous contrainte ;

  • Et répondre à un besoin opérationnel réel.


Comme le rappelait le général François Lecointre, ex-Chef d’état-major des armées :

« Une armée crédible repose sur une industrie souveraine. » (source : Conférence IHEDN)


Cette réalité conduit de nombreux investisseurs à revoir leurs grilles d’analyse traditionnelles.



Les usages opérationnels deviennent centraux


Dans les environnements DefenseTech, la technologie seule ne suffit pas.

Les investisseurs découvrent progressivement que la compréhension des usages opérationnels devient un facteur majeur de différenciation.


Une solution techniquement impressionnante peut échouer si elle complexifie l’emploi opérationnel, génère une dépendance logistique excessive ou ne répond pas à un besoin concret des forces.


Comme le rappelait le général Pierre Schill, Chef d’état-major de l’Armée de Terre :

« Le combat de haute intensité est aussi un combat logistique et industriel. » (source : Audition Assemblée nationale)


Les conflits récents réintroduisent brutalement des notions parfois sous-estimées : résilience, disponibilité, robustesse, maintien en condition opérationnelle et profondeur industrielle.


Le MCO représente désormais environ 40 % du coût total d’un système de défense sur l’ensemble de son cycle de vie (source : IRSEM, janvier 2025).


Autrement dit : une innovation DefenseTech ne peut plus être évaluée uniquement sous l’angle de la rupture technologique. Elle doit aussi être analysée sous l’angle de l’usage réel, de la capacité industrielle et du soutien dans la durée.



La montée des enjeux industriels change aussi la lecture des investisseurs


Les investisseurs découvrent également que la valeur dans la Défense ne se situe pas uniquement dans le logiciel ou la technologie. Elle se trouve aussi dans :

  • Les capacités de production ;

  • Les chaînes logistiques ;

  • Les infrastructures industrielles ;

  • Et les savoir-faire critiques.


Comme le rappelait Éric Béranger, CEO de MBDA :

« La montée en cadence industrielle ne se décrète pas, elle se construit. » (source : Interview Les Échos)


Cette réalité devient centrale dans les réflexions stratégiques des investisseurs. La guerre en Ukraine a rappelé qu’une capacité militaire dépend également de la capacité à produire vite, à maintenir les équipements et à sécuriser les chaînes d’approvisionnement.


La France a ainsi triplé certaines cadences industrielles sur des équipements critiques comme le CAESAR (source : Audition DGA / Commission de la Défense nationale, 2025).

Cette évolution redonne une valeur stratégique considérable aux industriels, aux ETI et aux capacités de soutien souveraines.



Une nouvelle lecture du risque et de la valeur


L’un des principaux changements concerne finalement la perception du risque.

Pendant longtemps, les marchés Défense étaient considérés comme complexes, peu lisibles et difficiles d’accès.

Aujourd’hui, certains investisseurs y voient au contraire :

  • Des marchés soutenus par les États ;

  • Des besoins structurels durables ;

  • Des barrières à l’entrée élevées ;

  • Et des perspectives de croissance de long terme.


La France reste le deuxième exportateur mondial d’armement (source : Rapport SIPRI 2025), tandis que les exportations françaises continuent d’atteindre des niveaux historiquement élevés (source : Rapport au Parlement 2025 sur les exportations d’armement).


Mais cette attractivité croissante ne supprime pas la complexité des environnements Défense.


Les acteurs capables de comprendre simultanément les logiques financières, les réalités industrielles, les contraintes institutionnelles et les usages opérationnels disposeront d’un avantage majeur dans les années à venir.


C’est précisément dans cette logique que Task Force Defence accompagne investisseurs, industriels, startups DefenseTech et cabinets de conseil souhaitant mieux comprendre les dynamiques opérationnelles, industrielles et stratégiques propres aux environnements Défense.


 
 
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